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Plus de 200000 personnes dans le monde, âgées de 12 mois à 93 ans, peuvent entendre avec leurs systèmes d’implants cochléaires Nucleus.

Rencontre avec Naërt Marceau

Anne-Sophie, maman d’un petit garçon né sourd profond raconte le choc de l’annonce du handicap et l’aventure de l’implantation cochléaire… Le jour où Marceau a entendu… Quand on lui demande comment s’appelle son petit garçon, Anne-Sophie répond, tout naturellement :
« Marceau, comme le mime. » Marceau est né sourd profond. Mais cette grave déficience n’a été découverte que onze mois après sa venue au monde…
« Mon mari, raconte Anne-Sophie, m’avait bien dit que le bruit ne faisait pas réagir notre petit ou ne le dérangeait pas pendant sa sieste. Mais sans plus. Moi je ne m’étais rendue compte de rien. Je me souviens même de ce rendez-vous chez une pédiatre pour le bilan de santé de ses neuf mois. Elle a demandé : « Est-ce qu’il balbutie ? » J’ai répondu « Non ». Elle est passée à la question suivante. J’ai donc pensé que ce ne devait pas être inquiétant, que ça viendrait... » Deux mois plus tard, un weekend chez ses grands-parents sera pour Marceau un instant décisif de son existence. « Mon père, raconte encore Anne-Sophie, m’a dit au téléphone que le petit avait sursauté dans son parc… Mais seulement après un énorme claquement de porte. Il avait du sentir essentiellement la vibration. » L’angoisse s’installe immédiatement dans la famille. « Mes parents nous ont ramené le petit le dimanche soir. Et ça a été de la folie. Pendant trois jours, on a cogné des casseroles au-dessus de son lit. Marceau n’a même pas cligné des yeux. »
Chez un ORL spécialiste de la surdité, le verdict tombe : le bébé n’entend absolument rien. Un
handicap d’origine génétique qui lui permettait au mieux « de percevoir le vrombissement d’un gros avion ou d’un camion de chantier passant tout près. En particulier parce qu’il s’agit de sons très puissants, particulièrement graves ». Sa maman dit : « Nous avons pensé que non seulement il n’entendrait jamais mais aussi qu’il ne parlerait jamais. Bref, la terre s’est écroulée. »
Patiemment, et lors de deux longues consultations, le médecin a expliqué aux parents les différentes solutions, voire philosophies de vie, qui s’offraient à Marceau. Et donc à son entourage familial. La langue des signes et la lecture sur les lèvres en faisaient partie mais aussi une technique dont ils n’avaient jamais entendu parler : l’implant cochléaire.
Mais avant même cette intervention, et avec l’aide d’un orthophoniste, les parents de Marceau
apprennent, en même temps que leur fils, le LPC (langage parlé complété). « On utilise le langage tout en l’associant à des signes. Ce qui permettait d’associer une lecture labiale, un codage avec les gestes et une préparation aux sons qu’il entendrait plus tard. »
Aujourd’hui, Marceau a 4 ans et demi. Il va dans une école « ordinaire » où quelques autres enfants sourds sont également intégrés, de façon à ce qu’un orthophoniste puisse s’y déplacer pour organiser plusieurs séances dans la même journée. Il a beaucoup de copains avec qui parler, et- bien que du genre sportif - ne fait pas trop souffrir le micro qu’il porte depuis son opération ! A « l’intérieur », c’est son oreille interne droite qui a bénéficié de cette « réhabilitation ». Anne-Sophie et son mari savent que d’autres progrès viendront et préfèrent attendre pour que Marceau soit éventuellement appareillé côté gauche. Marceau progresse. Ses parents le stimulent. Eux à qui le chirurgien avait eu l’honnêteté de ne pas promettre de miracle. Mais ils ne peuvent s’empêcher d’y croire, depuis le jour où on a mis en marche le dispositif externe de l’implant pour de premiers réglages. Encore émue, Anne-Sophie se souvient : « Il était face au prothésiste. Mon mari a dit : « Marceau ». Et notre enfant s’est retourné.